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Femme pratiquant la méditation sur un tapis de yoga dans un salon minimaliste pour améliorer son bien-être quotidien

Le dispositif Mon Bilan Prévention vient de franchir un cap réglementaire qui redistribue les rôles entre professionnels de santé. Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser ce bilan à titre volontaire, élargissant le maillage territorial d’un programme jusqu’ici cantonné aux médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens. Cette extension modifie concrètement la chaîne de prévention en santé au quotidien et mérite qu’on en détaille les implications techniques.

Mon Bilan Prévention : ce que change l’entrée des kinésithérapeutes

Le bilan couvre cinq axes : alimentation, activité physique, sommeil, addictions et santé mentale. Jusqu’à présent, la capacité d’évaluation musculo-squelettique manquait au dispositif.

Un kinésithérapeute repère des déficits posturaux, des limitations articulaires ou des déséquilibres de force que les autres professionnels habilités ne testent pas en consultation standard. Le plan personnalisé de prévention intègre désormais une composante fonctionnelle, ce qui permet de prescrire de l’activité physique adaptée sur des bases biomécaniques plutôt que sur de simples recommandations génériques.

Nous observons que cette évolution répond aussi à un problème d’accès : dans les zones sous-dotées en médecins, les cabinets de kinésithérapie constituent souvent le premier point de contact du patient avec le système de soins. Rendre le bilan accessible via ces praticiens augmente mécaniquement le taux de réalisation sans créer de coût supplémentaire pour l’assuré, puisque le dispositif reste gratuit et sans avance de frais.

Vous pouvez retrouver toutes les actus de J’améliore ma Santé qui détaillent régulièrement les évolutions de ce type de programme.

Homme préparant une salade de légumes frais dans une cuisine moderne pour adopter une alimentation saine au quotidien

Sommeil et politique publique : un virage vers l’environnement collectif

Les recommandations classiques d’hygiène du sommeil (écran coupé, chambre fraîche, horaires réguliers) saturent les contenus santé grand public. Le changement notable de 2026 porte sur le cadre dans lequel ces conseils s’inscrivent.

Le gouvernement envisage d’agir sur l’environnement plutôt que sur le seul comportement individuel. L’approche inclut la création d’espaces calmes, l’adaptation des horaires collectifs et la prise en compte des nuisances sonores urbaines comme facteur de dégradation du sommeil. C’est un basculement méthodologique : on passe d’une logique de responsabilisation du dormeur à une logique d’aménagement du cadre de vie.

Pour les professionnels de santé, cette orientation change la nature des prescriptions. Recommander de « mieux dormir » sans levier sur le bruit ambiant ou les contraintes horaires professionnelles a toujours posé un problème d’efficacité. Si les mesures annoncées se concrétisent, nous disposerons d’un argument supplémentaire pour orienter les patients vers des dispositifs territoriaux plutôt que vers de simples fiches-conseils.

Prévention et financement : le rapport sénatorial n° 789

Le rapport sénatorial n° 789, publié le 24 juin 2026, propose une réorganisation structurelle de la prévention en France. Trois mesures retiennent l’attention des praticiens :

  • La création d’une coalition nationale des opérateurs de prévention, qui coordonnerait les acteurs aujourd’hui dispersés entre ARS, caisses d’assurance maladie, collectivités et associations
  • L’intégration de l’activité physique adaptée dans certaines garanties obligatoires des complémentaires santé, ce qui transformerait l’APA d’une option remboursée au cas par cas en un droit opposable
  • La mise en place d’un carnet de prévention numérique, destiné à assurer la traçabilité des bilans et des actions engagées tout au long de la vie

Ce dernier point mérite attention. Un carnet de prévention numérique interopérable comblerait le vide actuel de suivi entre Mon Bilan Prévention et les consultations de ville. Aujourd’hui, un patient qui réalise son bilan chez un pharmacien puis consulte un kinésithérapeute six mois plus tard repart de zéro faute de transmission standardisée.

Femme faisant du jogging dans un parc urbain en automne pour améliorer sa santé physique et son bien-être

Activité physique adaptée : les seuils de la HAS et leur application réelle

La Haute Autorité de santé recommande la promotion de l’activité physique et la réduction de la sédentarité chez les adultes. En pratique, nous recommandons de distinguer trois niveaux d’intervention selon le profil du patient.

Le premier concerne les sédentaires stricts, pour lesquels toute augmentation du mouvement quotidien (marche, montée d’escaliers, station debout prolongée) produit un bénéfice mesurable sur les marqueurs métaboliques. Le deuxième cible les actifs insuffisants, qui bougent mais en dessous des seuils recommandés. Le troisième vise les patients atteints de pathologies chroniques, pour lesquels l’activité physique adaptée fonctionne comme un traitement non médicamenteux avec des protocoles spécifiques.

L’intégration éventuelle de l’APA dans les garanties obligatoires des complémentaires changerait la donne pour ce troisième groupe. Aujourd’hui, le reste à charge freine l’adhésion : un cycle de douze séances encadrées représente un coût que beaucoup de patients ne peuvent pas assumer sans couverture.

Démence et facteurs modifiables : les nouvelles directives de l’OMS

Selon les nouvelles directives de l’OMS relayées en septembre 2026, jusqu’à 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur des facteurs modifiables. Cette proportion, en hausse par rapport aux estimations précédentes, élargit la liste des leviers reconnus.

Parmi les facteurs ciblés figurent l’hypertension, la sédentarité, l’isolement social, la dépression, le diabète et la perte auditive non corrigée. Ce dernier point reste sous-estimé en consultation de prévention : un déficit auditif non appareillé accélère le déclin cognitif par réduction des stimulations sensorielles et sociales.

Pour les professionnels impliqués dans Mon Bilan Prévention, ces directives renforcent la pertinence d’un dépistage systématique des troubles sensoriels dès les bilans de mi-vie, et pas seulement chez les patients qui se plaignent spontanément de leur audition.

L’articulation entre ces différentes avancées (élargissement du Bilan Prévention, politique publique du sommeil, financement de l’APA, prévention de la démence) dessine un système où la prévention cesse d’être un supplément optionnel. Le carnet numérique proposé par le Sénat pourrait en devenir le fil conducteur, à condition que son déploiement ne reproduise pas les retards qu’a connus Mon Espace Santé.

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